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Lundi 10 janvier 2011 1 10 /01 /Jan /2011 11:51

“It is an historical day!”, ces premiers mots prononces par le Président du Sud Soudan, et a la fois Vice Président du Soudan, Monsieur Salva Kiir, sont immédiatement suivis d’une vive clameur et de « Ye-ye » de par la foule qui s’est donnée rendez-vous a 8 heure du matin en ce dimanche 9 janvier pour voter au bureau du vote symboliquement installe a quelques mètres du Mémorial. Le mémorial est le premier et seul lieu incarnant « une patrie sud soudanaise », a savoir la tombe de John Garang, héros de la résistance du Sud contre le Nord.

De l’estrade sur laquelle trône le bureau, descend une longue file d’attente de citoyens impatients de se prononcés sur un référendum promis depuis 5 ans. L’estrade est assiégée par des journalistes. Ces derniers, qui forcent a l’admiration lorsque nous les voyons dans nos téléviseurs depuis nos foyers confortables, font ici pitié. Ils n’hésitent pas a s’entraver pour passer devant leurs confrères, poussent les votants dans la queue, demande aux votants de reproduire leur geste a plusieurs reprises pour etre sur que la photo réponde a leurs attentes....Ces vautour de l’information font plutot penses a des loups pour eux meme.

 

Un peu plus loin, John Kerry est un isolé, flanque de deux conseillers, il regarde cette foule de votant dans l’indifférence totale des média. Pres de ce-dernier, George Clooney, sourit interminablement en posant ses bras sur les épaules des personnes qui se pressent contre lui dans l’attente qu’on les prenne en photo. Le référendum s’étendra du 9 au samedi 15 janvier 2011.

 

 Je serais observateur durant ce référendum. En cette premiere matinée je pars avec une équipe en mission d’observation de plusieurs bureaux de vote. Nous arrivons a un autre bureau de vote que celui ou avait lieu la cérémonie d’ouverture. Deux longues files d’attente, une pour les hommes et une autre pour les femmes font le tour de l’enceinte ou est situe ce bureau de vote. On nous accueille avec sourire. A l’intérieur, règne un calme rassurant. Nous discutons avec quelques personnes qui viennent juste de voter. Ils attendaient depuis des heurs, voulant etre parmi les premiers a voter. Certains ètaient arrives a l’aube, vers 5h du matin. On lit beaucoup de joie sur les visages. Malgré la longueur de la file d’attente, les soudanais demeurent patients. Une des craintes etait que face aux flots des votants, des heurts puisent avoir lieu, ce qui aurait perturbe le référendum. Mais ici, comme dans les autres bureaux de vote que nous allons visiter, on découvrira une meme disciple aussi bien du cote de ceux qui tiennent les bureaux de vote que du cote de ceux qui patientent.

Pour voter en ce jour, il fallait d’abord que les sud soudanais présentent une carte de vote qu’ils ont pu obtenir un mois auparavant lors de leur enregistrement. Uniquement les sud soudanais majeurs peuvent voter. Sud soudanais signifient etre descendant d’un parent « d’une tribu sud soudanaise ou avoir vécu au sud Soudan depuis 1956 (date d’indépendance du Soudan). Le jour du vote, le votant doit présenter sa carte d’enregistrement au bureau de vote ou il s’est fait enregistre, la on le retrouvera dans les formulaires du bureau de vote, on lui délivre le bulletin de vote. Sur le bulletin de vote, on peut voir deux dessins, l’un représentant deux mains de joignant symbolisant l’unité du pays, et l’autre une main levée symbolisant la scission. Il suffit pour le votant de tremper un doigt dans de l’encre et le placer sur le dessin qui représente son choix. Cette solution fut adoptée compte tenue que ¾ de la population est analphabète. Une fois que le votant a fait son choix dans l’isoloir il place le bulletin de vote dans l’urne. Le symbole de la main levée a ete tres vite associée a un « bye bye » que l’on pouvait retrouver sur des affiches suspendues sur les murs de la ville, sur des autocollants recouvrant les voitures, sur des bracelets en plastiques, sur des casquettes et tee-shirt... tout devenait support au « bye bye » (implicitement au nord Soudan).

 

Un peu plus tard dans la journee, nous allons voir un autre bureau de vote en dehors de Djouba. Nous empruntons un pont surplombant le Nile, traversons la « banlieue » de la ville pour enfin entrer dans un territoire vierge, De temps en temps des femmes marchent le long de la route dans des habits colores tenant dans la main des faux. De part et autre de la route, ou plutot du chemin, des prairies a perte de vue, quelques grands arbres et au loin des plateaux. Le paysage est incroyablement plat, vierge et esseulé. De temps a autres quelques toukouls, ces maisons rondes en terre, surgissent d’une fourrée rappelant que ces terres sont habitées. Enfin on arrive au village ou nous devons mener notre observation. A l’entrée du village, les toukouls, mais parmi ces dernières, s’élèvent une une immense cathédrale, aux dimensions disproportionnées en comparaison des constructions qui l’entourent. Les briques et la vétusté de l’édifice suggèrent que c’est un héritage de l’Empire victorien. Un peu plus loin, a l’ombre des arbres se trouve le bureau de vote. L’endroit est particulierement silencieux, on parle a voix douce, et non basse, les gens se déplacent avec nonchalance. Dans la file d’attente s’avance une « sage », elle doit avoir 80 ans ou plus, deux petites étincelles jaillissent de ses yeux que l’on distingue a peine tant le visage est creuse par le temps. Elle porte une toge rouge vive et se repose d’une part sur une baton et d'autre part sur un jeune homme. Elle s’avance a petit pas vers le bureau de vote. La scène est émouvante. Cette dame a connu la colonisation, l’indépendance, deux guerres avec le nord, l’ere socialiste du Soudan puis la libéralisation économique (mais certainement pas sociale et politique), puis la paix, signée en 2005 et enfin aujourd’hui elle peut voter pour l’indépendance du Sud Soudan, région du monde restée bien longtemps dans l’ombre.

 

Sur le retour nous passons de nouveau au bureau de vote du Mémorial. Il y a bien sur beaucoup moins de monde, les centaines de bouteilles d’eau vide qui jonchent le sol sont les restes d’une foule matinale joyeuse. Une manifestation s’assemble devant le Mémorial, ce sont des chrétiens radicaux. Les manifestants habillés en noir portant des grandes croix en bois chantent et répètent des slogans. Leur leader annonce au travers de la scission futur du Soudan un geste divin prophétisant une intervention a venir encore plus grande. Les sud soudanais souhaiteraient ils s’arracher a un régime utilisant une religion pour imposer une dictature pour se ruer dans les brase d’un autre radicalisme lui aussi religieux ? Je ne crois pas. Pour l’instant le desir partagé est de construire une nation tolérante vis a vis des multiples cultures et religions qui habitent son territoire.

 

En soirée, je me rends dans un de ces restaurants qui longent le Nile. Au bar je commande un verre de vin blanc, de nouveau je croise George Clooney sirotant une bière avec la personne qui a l’air de l’accompagne durant ce voyage au Soudan. Personne ne semble vouloir le déranger. Cette soirée est un peu l’occasion informelle de faire le bilan de la journee,on retrouve aussi bien des journalistes (facile a reconnaître avec leur appareils photos ou leur cheich palestinien en guise d’uniforme), des ONG, des membres des Nations Unies ou des délégations diplomatiques. Le bilan est extrement positif, l’enthousiasme des soudanais est partage par les étrangers. Il n’y a pas eu de violence constatée, femmes et hommes semblent etre bien représentés dans le processus de vote,on releve un enthousiasme affirmé mais non frénétique. Certes, ce n’est que la premiere journee, mais l’espoir que le référendum en lui-meme se passe bien s’installe.

Demeure un défi a venir dans le cas tres probable que 60 % des sud soudanais votent pour l’auto-détermination... Construire un pays.

Par mok
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:26

Endurance dans le camp des Nations Unies

 

Souvent nous sommes tentés de louer l’œuvre de l’artiste de la Michel-Ange, mais en vérité nous devrions le blâmer... Depuis qu’il a réalisé le David, il incombe a l’homme... de ne point se négliger.

Les opportunités pour faire de l’exercice a Djouba sont loin d’être naturelles. En clair, on ne peu guère marcher, les rues se prêtant pas a des promenades bucoliques et les températures étant pour le moins décourageantes

Néanmoins, la communauté s’organise. C’est ainsi que l’on peut désormais faire de l’aérobic ou encore du yoga dans des salles de réunions des bureaux des ONG ou des campements des ambassades. Généralement, une personne qui a suivi des cours dans ses activités qui propose de partager ses talents.

 

Le camp de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) offre un large terrain pour se défouler. Le camp se trouve a proximité de l’aéroport de Djouba, emplacement que les missions des UN favorisent, pour faciliter une évacuation en cas de crise. Des sacs de sable et de caisson remplis de terres s’élevant sur plus de 2 mètres font office de mur de ce camp entourant une enceinte s’étendant sur quelques hectares.

 

On rentre assez facilement dans le camp, des soldats plutôt souriant demandent simplement de signer un registre. Une fois la voiture garée, on peut s’élancer et se dégourdir les jambes trop habituées a ne marcher que sur des courtes distances ces derniers temps.

 

 

De chaque cotés de la piste, les fameuses grosses 4x4 blanches frappées d’un UN noir. Un ami m’avait fait un jour la remarque, alors que j’étais a Khartoum, qu’elles incarnaient l’envahisseur... ne portent elles pas le nom d’un peuple barbare ?[1] Il faut dire qu’au nord Soudan elles sont l’empreinte la plus visible d’une présence très peu populaire. Les Nations Unies sont associées a l’intrusion étrangère, on croirait presque a un cancer qui corrompt la société soudanaise.... c’est du moins ce que la propagande suggère.

Il est certains que la présence de telles missions n’est pas neutre et qu’elle implique de significatifs conséquences. Les aspects positifs vont être le fait que cela représente une pression pour un gouvernement qui manie sévèrement le bâton et se soustrait du droit. Mais ces missions s’accompagnent d’un important dispositif civil et militaire. Et ce sont des personnes qu’il faut nourrir et loger. Souvent les agents des Nations Unies seront accusés de contribuer à la hausse des prix locaux et de creuser les inégalités. Ils vont consciemment ou inconsciemment fortement enrichir quelques personnes sachant profiter de leur présence (proposer des produits marchands dits « occidentaux » a des tarifs ridiculement élevés, location de maisons....).

 

A mesure que j’avance, je vois toujours des voitures, elles se comptent pas centaines... Mais a ma grande surprise je remarque que sur un des parkings, au moins 200 parmi ces dernières semblent recouvertes d’une épaisse poussière... Visiblement elles sont immobiles de puis quelques temps déjà.

Dans ce camp se côtoient civils et militaires. Les bureaux et les logements sont dans des préfabriqués que l’on voit se suivre les uns attachés aux autres sur des dizaines de mètres. Pour y avoir cherché à plusieurs reprises des bureaux spécifiques, j’ai bien cru m’être retrouvé dans un labyrinthe.

 

Non loin de ces préfabriqués quelques soldats font du sport, des cours de tennis et de volleys ont été aménagés. Les équipements sont relativement simples, en comparaison avec la piscine dont j’avais pu apprécier la fraicheur dans le camp des Nations Unies bâti juste dans la zone de démarcation qui sépare Chypre nord de Chypre sud. A mesure que l’on s‘éloigne des préfabriqués, on s’enfonce dans un terrain plus sauvage et plus calme aussi, de temps en temps on croise quelques soldats marchant nonchalamment. Je longe toujours l’élévation de terre sur laquelle court un fil barbelé. Quelques miradors s’élèvent, plusieurs d’entre eux s’effondrent a cause d’une bataille qui n’a jamais eu lieu, le temps ronge les fortifications. Ca et là de grandes tentes ouvertes couvrent des voitures dépecées, parfois on croisera un tas de ferraille et de bois sur le bord de la piste. Le camp des Nations Unies monté en 2005 à la suite de l’accord de paix entre le Nord et le Sud semble aujourd’hui se déliter a mesure qu’approche l’objet dont il couvait le processus de réalisation, le referendum. Cependant dans une déclaration du 16 novembre 2010, le Secrétaire General des Nations Unies propose d’augmenter les effectifs de la mission qui atteint en ce jour 10 000 personnes.

 

De grands oiseaux volent au-dessus du camp, ils ont le cou long et pelé, des vautours... Plus loin je croise une vache superbe, gironde mais avec des cuisses hautes et fines. Ses cornes ont la longueur du bras d’un homme mais elles tournoient dans des spirales opposées. Elle est de la couleur à laquelle on associe la paix, blanche. Elle s’appelle Ban Ki Mooo. Elle a été donnée en cadeau de bienvenu par le gouvernement du Sud Soudan au Secrétaire Général des UN (M. Ban Ki Moun), lors de sa visite à Juba. Depuis, elle reste dans le camp, 8000 soldats veillent sur elle.

 

Le camp reste esthétiquement pauvre, cependant des éléments décoratifs émergent. A l’image de cette barrière qui a le mauvais gout de prendre la forme d’une kalachnikov. Plus loin on peut voire des peintures de tigre de Bengale sur les murs de préfabriqués, rappelant que le contingent qui assure la sécurité dans la région est principalement fourni par le Bangladesh.

 

J’arrête de courir quand j’entends une surprenante clameur dans ce camp assoupit. Devant moi une dizaine de personne sont entrain de chahuter deux soldats en tenue militaire avec  brassards et bérets bleus  clairs. Ces derniers demeurent droits dans leur botte derrière une barrière. Le petit groupe commence à jeter des bouteilles en plastique vide et des cailloux sur les soldats. Les soldats armés de mitraillettes qui essayaient de parler se mettent désormais a hurler.

D’abord étonné de voir une telle scène au sein du camp j’en déduis très vite que c’est un exercice d’entrainement en cas de manifestations. D’autres officiers éloignés de la scène l’observe avec sévérité.

Jusqu’a présent Djouba est restée extrêmement calme a part quelques crimes qui relèvent plus d’agressions pour vol mais rien qui ne soit des attentats (ce qui a été le cas a Khartoum) ou de retournement violent de la population contre la présence internationale.

 

Mon entrainement s’achève, mon tee-shirt est trempé de sueur. Bien que l’on soit en début de soirée, les températures avoisinent encore les 35 degrés.

 

 

 

 

 

 



[1] Les Huns, people nomade originaire d’Asie centrale atteignant l’Europe au quatrième siècle.

Par mok
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:21

 

Souvent nous sommes tentés de louer l’œuvre de l’artiste de la Michel-Ange, mais en vérité nous devrions le blâmer... Depuis qu’il a réalisé le David, il incombe a l’homme... de ne point se négliger.

Les opportunités pour faire de l’exercice a Djouba sont loin d’être naturelles. En clair, on ne peu guère marcher, les rues se prêtant pas a des promenades bucoliques et les températures étant pour le moins décourageantes

Néanmoins, la communauté s’organise. C’est ainsi que l’on peut désormais faire de l’aérobic ou encore du yoga dans des salles de réunions des bureaux des ONG ou des campements des ambassades. Généralement, une personne qui a suivi des cours dans ses activités qui propose de partager ses talents.

 

Le camp de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) offre un large terrain pour se défouler. Le camp se trouve a proximité de l’aéroport de Djouba, emplacement que les missions des UN favorisent, pour faciliter une évacuation en cas de crise. Des sacs de sable et de caisson remplis de terres s’élevant sur plus de 2 mètres font office de mur de ce camp entourant une enceinte s’étendant sur quelques hectares.

 

On rentre assez facilement dans le camp, des soldats plutôt souriant demandent simplement de signer un registre. Une fois la voiture garée, on peut s’élancer et se dégourdir les jambes trop habituées a ne marcher que sur des courtes distances ces derniers temps.

 

 

De chaque cotés de la piste, les fameuses grosses 4x4 blanches frappées d’un UN noir. Un ami m’avait fait un jour la remarque, alors que j’étais a Khartoum, qu’elles incarnaient l’envahisseur... ne portent elles pas le nom d’un peuple barbare ?[1] Il faut dire qu’au nord Soudan elles sont l’empreinte la plus visible d’une présence très peu populaire. Les Nations Unies sont associées a l’intrusion étrangère, on croirait presque a un cancer qui corrompt la société soudanaise.... c’est du moins ce que la propagande suggère.

Il est certains que la présence de telles missions n’est pas neutre et qu’elle implique de significatifs conséquences. Les aspects positifs vont être le fait que cela représente une pression pour un gouvernement qui manie sévèrement le bâton et se soustrait du droit. Mais ces missions s’accompagnent d’un important dispositif civil et militaire. Et ce sont des personnes qu’il faut nourrir et loger. Souvent les agents des Nations Unies seront accusés de contribuer à la hausse des prix locaux et de creuser les inégalités. Ils vont consciemment ou inconsciemment fortement enrichir quelques personnes sachant profiter de leur présence (proposer des produits marchands dits « occidentaux » a des tarifs ridiculement élevés, location de maisons....).

 

A mesure que j’avance, je vois toujours des voitures, elles se comptent pas centaines... Mais a ma grande surprise je remarque que sur un des parkings, au moins 200 parmi ces dernières semblent recouvertes d’une épaisse poussière... Visiblement elles sont immobiles de puis quelques temps déjà.

Dans ce camp se côtoient civils et militaires. Les bureaux et les logements sont dans des préfabriqués que l’on voit se suivre les uns attachés aux autres sur des dizaines de mètres. Pour y avoir cherché à plusieurs reprises des bureaux spécifiques, j’ai bien cru m’être retrouvé dans un labyrinthe.

 

Non loin de ces préfabriqués quelques soldats font du sport, des cours de tennis et de volleys ont été aménagés. Les équipements sont relativement simples, en comparaison avec la piscine dont j’avais pu apprécier la fraicheur dans le camp des Nations Unies bâti juste dans la zone de démarcation qui sépare Chypre nord de Chypre sud. A mesure que l’on s‘éloigne des préfabriqués, on s’enfonce dans un terrain plus sauvage et plus calme aussi, de temps en temps on croise quelques soldats marchant nonchalamment. Je longe toujours l’élévation de terre sur laquelle court un fil barbelé. Quelques miradors s’élèvent, plusieurs d’entre eux s’effondrent a cause d’une bataille qui n’a jamais eu lieu, le temps ronge les fortifications. Ca et là de grandes tentes ouvertes couvrent des voitures dépecées, parfois on croisera un tas de ferraille et de bois sur le bord de la piste. Le camp des Nations Unies monté en 2005 à la suite de l’accord de paix entre le Nord et le Sud semble aujourd’hui se déliter a mesure qu’approche l’objet dont il couvait le processus de réalisation, le referendum. Cependant dans une déclaration du 16 novembre 2010, le Secrétaire General des Nations Unies propose d’augmenter les effectifs de la mission qui atteint en ce jour 10 000 personnes.

 

De grands oiseaux volent au-dessus du camp, ils ont le cou long et pelé, des vautours... Plus loin je croise une vache superbe, gironde mais avec des cuisses hautes et fines. Ses cornes ont la longueur du bras d’un homme mais elles tournoient dans des spirales opposées. Elle est de la couleur à laquelle on associe la paix, blanche. Elle s’appelle Ban Ki Mooo. Elle a été donnée en cadeau de bienvenu par le gouvernement du Sud Soudan au Secrétaire Général des UN (M. Ban Ki Moun), lors de sa visite à Juba. Depuis, elle reste dans le camp, 8000 soldats veillent sur elle.

 

Le camp reste esthétiquement pauvre, cependant des éléments décoratifs émergent. A l’image de cette barrière qui a le mauvais gout de prendre la forme d’une kalachnikov. Plus loin on peut voire des peintures de tigre de Bengale sur les murs de préfabriqués, rappelant que le contingent qui assure la sécurité dans la région est principalement fourni par le Bangladesh.

 

J’arrête de courir quand j’entends une surprenante clameur dans ce camp assoupit. Devant moi une dizaine de personne sont entrain de chahuter deux soldats en tenue militaire avec  brassards et bérets bleus  clairs. Ces derniers demeurent droits dans leur botte derrière une barrière. Le petit groupe commence à jeter des bouteilles en plastique vide et des cailloux sur les soldats. Les soldats armés de mitraillettes qui essayaient de parler se mettent désormais a hurler.

D’abord étonné de voir une telle scène au sein du camp j’en déduis très vite que c’est un exercice d’entrainement en cas de manifestations. D’autres officiers éloignés de la scène l’observe avec sévérité.

Jusqu’a présent Djouba est restée extrêmement calme a part quelques crimes qui relèvent plus d’agressions pour vol mais rien qui ne soit des attentats (ce qui a été le cas a Khartoum) ou de retournement violent de la population contre la présence internationale.

 

Mon entrainement s’achève, mon tee-shirt est trempé de sueur. Bien que l’on soit en début de soirée, les températures avoisinent encore les 35 degrés.

 

 

 

 

 

 



[1] Les Huns, peuple nomade originaire d’Asie centrale atteignant l’Europe au quatrième siècle.

Par mok
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:21

 

Souvent nous sommes tentés de louer l’œuvre de l’artiste de la Michel-Ange, mais en vérité nous devrions le blâmer... Depuis qu’il a réalisé le David, il incombe a l’homme... de ne point se négliger.

Les opportunités pour faire de l’exercice a Djouba sont loin d’être naturelles. En clair, on ne peu guère marcher, les rues se prêtant pas a des promenades bucoliques et les températures étant pour le moins décourageantes

Néanmoins, la communauté s’organise. C’est ainsi que l’on peut désormais faire de l’aérobic ou encore du yoga dans des salles de réunions des bureaux des ONG ou des campements des ambassades. Généralement, une personne qui a suivi des cours dans ses activités qui propose de partager ses talents.

 

Le camp de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) offre un large terrain pour se défouler. Le camp se trouve a proximité de l’aéroport de Djouba, emplacement que les missions des UN favorisent, pour faciliter une évacuation en cas de crise. Des sacs de sable et de caisson remplis de terres s’élevant sur plus de 2 mètres font office de mur de ce camp entourant une enceinte s’étendant sur quelques hectares.

 

On rentre assez facilement dans le camp, des soldats plutôt souriant demandent simplement de signer un registre. Une fois la voiture garée, on peut s’élancer et se dégourdir les jambes trop habituées a ne marcher que sur des courtes distances ces derniers temps.

 

 

De chaque cotés de la piste, les fameuses grosses 4x4 blanches frappées d’un UN noir. Un ami m’avait fait un jour la remarque, alors que j’étais a Khartoum, qu’elles incarnaient l’envahisseur... ne portent elles pas le nom d’un peuple barbare ?[1] Il faut dire qu’au nord Soudan elles sont l’empreinte la plus visible d’une présence très peu populaire. Les Nations Unies sont associées a l’intrusion étrangère, on croirait presque a un cancer qui corrompt la société soudanaise.... c’est du moins ce que la propagande suggère.

Il est certains que la présence de telles missions n’est pas neutre et qu’elle implique de significatifs conséquences. Les aspects positifs vont être le fait que cela représente une pression pour un gouvernement qui manie sévèrement le bâton et se soustrait du droit. Mais ces missions s’accompagnent d’un important dispositif civil et militaire. Et ce sont des personnes qu’il faut nourrir et loger. Souvent les agents des Nations Unies seront accusés de contribuer à la hausse des prix locaux et de creuser les inégalités. Ils vont consciemment ou inconsciemment fortement enrichir quelques personnes sachant profiter de leur présence (proposer des produits marchands dits « occidentaux » a des tarifs ridiculement élevés, location de maisons....).

 

A mesure que j’avance, je vois toujours des voitures, elles se comptent pas centaines... Mais a ma grande surprise je remarque que sur un des parkings, au moins 200 parmi ces dernières semblent recouvertes d’une épaisse poussière... Visiblement elles sont immobiles de puis quelques temps déjà.

Dans ce camp se côtoient civils et militaires. Les bureaux et les logements sont dans des préfabriqués que l’on voit se suivre les uns attachés aux autres sur des dizaines de mètres. Pour y avoir cherché à plusieurs reprises des bureaux spécifiques, j’ai bien cru m’être retrouvé dans un labyrinthe.

 

Non loin de ces préfabriqués quelques soldats font du sport, des cours de tennis et de volleys ont été aménagés. Les équipements sont relativement simples, en comparaison avec la piscine dont j’avais pu apprécier la fraicheur dans le camp des Nations Unies bâti juste dans la zone de démarcation qui sépare Chypre nord de Chypre sud. A mesure que l’on s‘éloigne des préfabriqués, on s’enfonce dans un terrain plus sauvage et plus calme aussi, de temps en temps on croise quelques soldats marchant nonchalamment. Je longe toujours l’élévation de terre sur laquelle court un fil barbelé. Quelques miradors s’élèvent, plusieurs d’entre eux s’effondrent a cause d’une bataille qui n’a jamais eu lieu, le temps ronge les fortifications. Ca et là de grandes tentes ouvertes couvrent des voitures dépecées, parfois on croisera un tas de ferraille et de bois sur le bord de la piste. Le camp des Nations Unies monté en 2005 à la suite de l’accord de paix entre le Nord et le Sud semble aujourd’hui se déliter a mesure qu’approche l’objet dont il couvait le processus de réalisation, le referendum. Cependant dans une déclaration du 16 novembre 2010, le Secrétaire General des Nations Unies propose d’augmenter les effectifs de la mission qui atteint en ce jour 10 000 personnes.

 

De grands oiseaux volent au-dessus du camp, ils ont le cou long et pelé, des vautours... Plus loin je croise une vache superbe, gironde mais avec des cuisses hautes et fines. Ses cornes ont la longueur du bras d’un homme mais elles tournoient dans des spirales opposées. Elle est de la couleur à laquelle on associe la paix, blanche. Elle s’appelle Ban Ki Mooo. Elle a été donnée en cadeau de bienvenu par le gouvernement du Sud Soudan au Secrétaire Général des UN (M. Ban Ki Moun), lors de sa visite à Juba. Depuis, elle reste dans le camp, 8000 soldats veillent sur elle.

 

Le camp reste esthétiquement pauvre, cependant des éléments décoratifs émergent. A l’image de cette barrière qui a le mauvais gout de prendre la forme d’une kalachnikov. Plus loin on peut voire des peintures de tigre de Bengale sur les murs de préfabriqués, rappelant que le contingent qui assure la sécurité dans la région est principalement fourni par le Bangladesh.

 

J’arrête de courir quand j’entends une surprenante clameur dans ce camp assoupit. Devant moi une dizaine de personne sont entrain de chahuter deux soldats en tenue militaire avec  brassards et bérets bleus  clairs. Ces derniers demeurent droits dans leur botte derrière une barrière. Le petit groupe commence à jeter des bouteilles en plastique vide et des cailloux sur les soldats. Les soldats armés de mitraillettes qui essayaient de parler se mettent désormais a hurler.

D’abord étonné de voir une telle scène au sein du camp j’en déduis très vite que c’est un exercice d’entrainement en cas de manifestations. D’autres officiers éloignés de la scène l’observe avec sévérité.

Jusqu’a présent Djouba est restée extrêmement calme a part quelques crimes qui relèvent plus d’agressions pour vol mais rien qui ne soit des attentats (ce qui a été le cas a Khartoum) ou de retournement violent de la population contre la présence internationale.

 

Mon entrainement s’achève, mon tee-shirt est trempé de sueur. Bien que l’on soit en début de soirée, les températures avoisinent encore les 35 degrés.

 

 

 

 

 

 



[1] Les Huns, peuple nomade originaire d’Asie centrale atteignant l’Europe au quatrième siècle.

Par mok
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Jeudi 18 novembre 2010 4 18 /11 /Nov /2010 20:05

 

Souvent nous sommes tentés de louer l’œuvre de l’artiste de la Michel-Ange, mais en vérité nous devrions le blâmer... Depuis qu’il a réalisé le David, il incombe a l’homme... de ne point se négliger.

Les opportunités pour faire de l’exercice a Djouba sont loin d’être naturelles. En clair, on ne peu guère marcher, les rues se prêtant pas a des promenades bucoliques et les températures étant pour le moins décourageantes

Néanmoins, la communauté s’organise. C’est ainsi que l’on peut désormais faire de l’aérobic ou encore du yoga dans des salles de réunions des bureaux des ONG ou des campements des ambassades. Généralement, une personne qui a suivi des cours dans ses activités qui propose de partager ses talents.

 

Le camp de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) offre un large terrain pour se défouler. Le camp se trouve a proximité de l’aéroport de Djouba, emplacement que les missions des UN favorisent, pour faciliter une évacuation en cas de crise. Des sacs de sable et de caisson remplis de terres s’élevant sur plus de 2 mètres font office de mur de ce camp entourant une enceinte s’étendant sur quelques hectares.

 

On rentre assez facilement dans le camp, des soldats plutôt souriant demandent simplement de signer un registre. Une fois la voiture garée, on peut s’élancer et se dégourdir les jambes trop habituées a ne marcher que sur des courtes distances ces derniers temps.

 

 

De chaque cotés de la piste, les fameuses grosses 4x4 blanches frappées d’un UN noir. Un ami m’avait fait un jour la remarque, alors que j’étais a Khartoum, qu’elles incarnaient l’envahisseur... ne portent elles pas le nom d’un peuple barbare ?[1] Il faut dire qu’au nord Soudan elles sont l’empreinte la plus visible d’une présence très peu populaire. Les Nations Unies sont associées a l’intrusion étrangère, on croirait presque a un cancer qui corrompt la société soudanaise.... c’est du moins ce que la propagande suggère.

Il est certains que la présence de telles missions n’est pas neutre et qu’elle implique de significatifs conséquences. Les aspects positifs vont être le fait que cela représente une pression pour un gouvernement qui manie sévèrement le bâton et se soustrait du droit. Mais ces missions s’accompagnent d’un important dispositif civil et militaire. Et ce sont des personnes qu’il faut nourrir et loger. Souvent les agents des Nations Unies seront accusés de contribuer à la hausse des prix locaux et de creuser les inégalités. Ils vont consciemment ou inconsciemment fortement enrichir quelques personnes sachant profiter de leur présence (proposer des produits marchands dits « occidentaux » a des tarifs ridiculement élevés, location de maisons....).

 

A mesure que j’avance, je vois toujours des voitures, elles se comptent pas centaines... Mais a ma grande surprise je remarque que sur un des parkings, au moins 200 parmi ces dernières semblent recouvertes d’une épaisse poussière... Visiblement elles sont immobiles de puis quelques temps déjà.

Dans ce camp se côtoient civils et militaires. Les bureaux et les logements sont dans des préfabriqués que l’on voit se suivre les uns attachés aux autres sur des dizaines de mètres. Pour y avoir cherché à plusieurs reprises des bureaux spécifiques, j’ai bien cru m’être retrouvé dans un labyrinthe.

 

Non loin de ces préfabriqués quelques soldats font du sport, des cours de tennis et de volleys ont été aménagés. Les équipements sont relativement simples, en comparaison avec la piscine dont j’avais pu apprécier la fraicheur dans le camp des Nations Unies bâti juste dans la zone de démarcation qui sépare Chypre nord de Chypre sud. A mesure que l’on s‘éloigne des préfabriqués, on s’enfonce dans un terrain plus sauvage et plus calme aussi, de temps en temps on croise quelques soldats marchant nonchalamment. Je longe toujours l’élévation de terre sur laquelle court un fil barbelé. Quelques miradors s’élèvent, plusieurs d’entre eux s’effondrent a cause d’une bataille qui n’a jamais eu lieu, le temps ronge les fortifications. Ca et là de grandes tentes ouvertes couvrent des voitures dépecées, parfois on croisera un tas de ferraille et de bois sur le bord de la piste. Le camp des Nations Unies monté en 2005 à la suite de l’accord de paix entre le Nord et le Sud semble aujourd’hui se déliter a mesure qu’approche l’objet dont il couvait le processus de réalisation, le referendum. Cependant dans une déclaration du 16 novembre 2010, le Secrétaire General des Nations Unies propose d’augmenter les effectifs de la mission qui atteint en ce jour 10 000 personnes.

 

De grands oiseaux volent au-dessus du camp, ils ont le cou long et pelé, des vautours... Plus loin je croise une vache superbe, gironde mais avec des cuisses hautes et fines. Ses cornes ont la longueur du bras d’un homme mais elles tournoient dans des spirales opposées. Elle est de la couleur à laquelle on associe la paix, blanche. Elle s’appelle Ban Ki Mooo. Elle a été donnée en cadeau de bienvenu par le gouvernement du Sud Soudan au Secrétaire Général des UN (M. Ban Ki Moun), lors de sa visite à Juba. Depuis, elle reste dans le camp, 8000 soldats veillent sur elle.

 

Le camp reste esthétiquement pauvre, cependant des éléments décoratifs émergent. A l’image de cette barrière qui a le mauvais gout de prendre la forme d’une kalachnikov. Plus loin on peut voire des peintures de tigre de Bengale sur les murs de préfabriqués, rappelant que le contingent qui assure la sécurité dans la région est principalement fourni par le Bangladesh.

 

J’arrête de courir quand j’entends une surprenante clameur dans ce camp assoupit. Devant moi une dizaine de personne sont entrain de chahuter deux soldats en tenue militaire avec  brassards et bérets bleus  clairs. Ces derniers demeurent droits dans leur botte derrière une barrière. Le petit groupe commence à jeter des bouteilles en plastique vide et des cailloux sur les soldats. Les soldats armés de mitraillettes qui essayaient de parler se mettent désormais a hurler.

D’abord étonné de voir une telle scène au sein du camp j’en déduis très vite que c’est un exercice d’entrainement en cas de manifestations. D’autres officiers éloignés de la scène l’observe avec sévérité.

Jusqu’a présent Djouba est restée extrêmement calme a part quelques crimes qui relèvent plus d’agressions pour vol mais rien qui ne soit des attentats (ce qui a été le cas a Khartoum) ou de retournement violent de la population contre la présence internationale.

 

Mon entrainement s’achève, mon tee-shirt est trempé de sueur. Bien que l’on soit en début de soirée, les températures avoisinent encore les 35 degrés.

 

 

 

 

 

 



[1] Les Huns, people nomade originaire d’Asie centrale atteignant l’Europe au quatrième siècle.

Par mok
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