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Samedi 6 janvier 2007

« Non Monsieur, il est impossible de ressortir de la zone internationale. Certainement pas pour fumer une cigarette. Dites vous que c’est pour votre bien. » La police des frontières a l’amabilité irritante  de veiller sur votre santé…. C’est en vain  que j’aurai arpenté durant une heure le hall de l’aéroport pour trouver une zone fumeur.

 

 

L’avion décolle. Par le hublot, s’observe l’étalement désordonné des lumières de Paris, au milieu d’elles se dresse la tour Eiffel qui s’invente phare au bord de la Seine avec son  jet de lumière qui tourne en guise d’alouette.

 

 

Un peu avant l’arrivée à Doha d’où je prendrais une correspondance pour la destination finale, j’entre en conversation avec mon voisin pour qui mon intérêt était né 6 heures plus tôt lors de l’embarquement. J’avais en effet remarqué son passeport libanais. Ce dernier n’a pas l’intention de revenir dans son pays natal, il travaille désormais à Abbu d’Abi où il gagne « beaucoup, beaucoup d’argent ». M’interrogeant sur la raison de mon voyage je lui apprends que je me rends à Khartoum. Il met un terme à la conversation en répondant que les salaires sont bas et que se sont les chinois qui remportent tous les marchés.

 

 

Les quelques heures passées à Doha au Qatar permettent de constater ce qui s’entend dans les médias à propos des pays de la péninsule arabique : les nationaux délèguent le travail aux émigrés. Ainsi dans les halls de l’aéroport aux nombreuses boutiques de luxe malgré sa petite taille, quelques qataris se croisent, ils marchent vite dans leur djellaba d’un blanc immaculé qui se termine en un turban et collent à l’oreille leur téléphone portable dont on devine le chrome ou l’argent. Les employés sont d’origines malaises, vietnamiennes, pakistanaises…

 

 

Enfin je prends place dans l’avion à moitié plein, quelques européens, des soudanais guère plus nombreux mais plus de la moitié des voyageurs sont chinois. J’apprendrais plus tard que Khartoum est loin d’être cette ville isolée, échouée au milieu du désert… Le Soudan attise les ambitions, ce qui se traduit par une importante affluence d’étrangers.

 

 

Je sors de l’aéroport sans être contrôlé par la police. J’en reste très étonné puisque l’on m’avait mis en garde de la fouille des valises pour vérifier que l’alcool n’entre pas sur le territoire. Contrôle qui pousse jusqu’à la garde de l’ordinateur portable pendant 24 heures le temps de s’assurer qu’il ne contient ni d’images ni de films susceptibles d’éveiller les sens (avec tout la relativité et la subjectivité de l’appropriation de tels supports).

 

 

Enfin je dépose mes affaires dans la maison  où je resterais logé le temps de trouver mon propre appartement. La quiétude du jardin qui entoure la villa d’un jaune sable tranche avec les avenues qui l’environnement. Sur la terrasse sont disposées des banquettes poussiéreuses que je prends possession pour enfin fumer une cigarette male roulée. Maari, le gardien de la maison, tout en arrosant les bougainvilliers qui grimpent sur les colones devant de l’entrée de la maison, me raconte qu’il vient de l’Erythrée (région au nord de la Somalie). Il a 21 ans et a quitté sa famille à 19 pour chercher du travail à Khartoum. Il a appris l’arabe en deux ans et s’est récemment inscrit au Centre Culturel Français pour suivre des cours de français. Remarquant son désir de parler je me hasarde à lui demander ce qu’il pense des évènements actuels de la Somalie. Il préfère revenir sur le passé de la corne d’Afrique donnant les dates précises des évènements politiques pour finir sur  un « It’s not good »  pour résumer la situation actuelle.  Bien que son anglais soit très correct, j’ai du mal à le comprendre, à l’entendre plus précisément, il s’exprime d’une voix basse et lancinante. Les quelques soudanais que j’ai rencontré jusqu’à présent semblent partagés cette manière de parler qui invitent à en faire de même.

 

 

Au coucher du soleil, des moustiques assaillent les lumières et nous même. Je me rends compte que je suis loin de suivre les conseils du médecin lors de mon passage au service des maladies tropicales de l’hôpital. Je suis pied nu alors qu’il avait scrupuleusement recommandé de porter des chaussettes, je ne m’enduis pas de produit sensés faire fuir les moustiques (et autres… tant les odeurs doivent  fâcher les phéromones), je n’ai pas pris le médicament protégeant du paludisme et enfin au pied de la terrasse de petites flaques se sont formées autour des plantes que Maari arrosent « éloignez vous des points d’eau, se sont des nids à infections ! ». Je délaisse la bienveillance alarmiste du médecin qui légitime les fonds de son service pour me fier au vécu de ceux qui habitent ici.

 

 

Un peu plus tard dans la soirée nous prenons un taxi pour aller au souk afin d’acheter une couverture. Après quelques tractations nous définissons avec le commerçant un prix honnête, du moins sur lequel on s’entend.

 

 Alors que je me couche j’entends encore mon ôte s’esclaffer en prédisant que dans trois mois je ne pourrais pas m’endormir sans climatisation.

 

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Samedi 6 janvier 2007

« Non Monsieur, il est impossible de ressortir de la zone internationale. Certainement pas pour fumer une cigarette. Dites vous que c?est pour votre bien. » La police des frontières a l?amabilité irritante  de veiller sur votre santé?. C?est en vain  que j?aurai arpenté durant une heure le hall de l?aéroport pour trouver une zone fumeur.

 

 

L?avion décolle. Par le hublot, s?observe l?étalement désordonné des lumières de Paris, au milieu d?elles se dresse la tour Eiffel qui s?invente phare au bord de la Seine avec son  jet de lumière qui tourne en guise d?alouette.

 

 

Un peu avant l?arrivée à Doha d?où je prendrais une correspondance pour la destination finale, j?entre en conversation avec mon voisin pour qui mon intérêt était né 6 heures plus tôt lors de l?embarquement. J?avais en effet remarqué son passeport libanais. Ce dernier n?a pas l?intention de revenir dans son pays natal, il travaille désormais à Abbu d?Abi où il gagne « beaucoup, beaucoup d?argent ». M?interrogeant sur la raison de mon voyage je lui apprends que je me rends à Khartoum. Il met un terme à la conversation en répondant que les salaires sont bas et que se sont les chinois qui remportent tous les marchés.

 

 

Les quelques heures passées à Doha au Qatar permettent de constater ce qui s?entend dans les médias à propos des pays de la péninsule arabique : les nationaux délèguent le travail aux émigrés. Ainsi dans les halls de l?aéroport aux nombreuses boutiques de luxe malgré sa petite taille, quelques qataris se croisent, ils marchent vite dans leur djellaba d?un blanc immaculé qui se termine en un turban et collent à l?oreille leur téléphone portable dont on devine le chrome ou l?argent. Les employés sont d?origines malaises, vietnamiennes, pakistanaises?

 

 

Enfin je prends place dans l?avion à moitié plein, quelques européens, des soudanais guère plus nombreux mais plus de la moitié des voyageurs sont chinois. J?apprendrais plus tard que Khartoum est loin d?être cette ville isolée, échouée au milieu du désert? Le Soudan attise les ambitions, ce qui se traduit par une importante affluence d?étrangers.

 

 

Je sors de l?aéroport sans être contrôlé par la police. J?en reste très étonné puisque l?on m?avait mis en garde de la fouille des valises pour vérifier que l?alcool n?entre pas sur le territoire. Contrôle qui pousse jusqu?à la garde de l?ordinateur portable pendant 24 heures le temps de s?assurer qu?il ne contient ni d?images ni de films susceptibles d?éveiller les sens (avec tout la relativité et la subjectivité de l?appropriation de tels supports).

 

 

Je dépose mes affaires dans la maison  où je resterais logé le temps de trouver mon propre appartement. La quiétude du jardin qui entoure la villa d?un jaune sable tranche avec les avenues qui l?environnement. Sur la terrasse sont disposées des banquettes poussiéreuses que je prends possession pour enfin fumer une cigarette male roulée. Maari, le gardien de la maison, tout en arrosant les bougainvilliers qui grimpent sur les colones devant de l?entrée de la maison, me raconte qu?il vient de l?Erythrée (région au nord de la Somalie). Il a 21 ans et a quitté sa famille à 19 pour chercher du travail à Khartoum. Il a appris l?arabe en deux ans et s?est récemment inscrit au Centre Culturel Français pour suivre des cours de français. Remarquant son désir de parler je me hasarde à lui demander ce qu?il pense des évènements actuels de la Somalie. Il préfère revenir sur le passé de la corne d?Afrique donnant les dates précises des évènements politiques pour finir sur  un « It?s not good »  pour résumer la situation actuelle.  Bien que son anglais soit très correct, j?ai du mal à le comprendre, à l?entendre plus précisément, il s?exprime d?une voix basse et lancinante. Les quelques soudanais que j?ai rencontré jusqu?à présent semblent partagés cette manière de parler qui invitent à en faire de même.

 

 

Au coucher du soleil, des moustiques assaillent les lumières et nous même. Je me rends compte que je suis loin de suivre les conseils du médecin lors de mon passage au service des maladies tropicales de l?hôpital. Je suis pied nu alors qu?il avait scrupuleusement recommandé de porter des chaussettes, je ne m?enduis pas de produit sensés faire fuir les moustiques (et autres? tant les odeurs doivent  fâcher les phéromones), je n?ai pas pris le médicament protégeant du paludisme et enfin au pied de la terrasse de petites flaques se sont formées autour des plantes que Maari arrosent « éloignez vous des points d?eau, se sont des nids à infections ! ». Je délaisse la bienveillance alarmiste du médecin qui légitime les fonds de son service pour me fier au vécu de ceux qui habitent ici.

 

 

Un peu plus tard dans la soirée nous prenons un taxi pour aller au souk afin d?acheter une couverture. Après quelques tractations nous définissons avec le commerçant un prix honnête, du moins sur lequel on s?entend.

 

 Alors que je me couche j?entends encore mon ôte s?esclaffer en prédisant que dans trois mois je ne pourrais pas m?endormir sans climatisation.

 

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Vendredi 18 août 2006
 

Jeudi 18 août, avait lieu la dernière rotation entre le Liban et Chypre. Comprenez que l’évacuation est à son terme. Normalement. Il est toujours délicat de déclarer la fin d’une telle opération. Un peu plus de 350 personnes sont partis par ce moyen alors que le même jour le premier avion commercial se posait sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth depuis un mois.

« Evacuer des ressortissants français »… 4 mots simples qui suggèrent à peine la complexité des situation devant laquelle, devant laquelle les agents chargés de cette organisation étaient confrontés. Une lecture stricto sensu d’une telle consigne aurait voulue que, soit rapatriés ceux qui avaient des pièces d’identité françaises. Mais cela se serait traduit par l’abandon de personnes âgées libanaises dont les enfant ont la nationalisé française et souhaitent repartir dans le pays où ils résident en amenant ces parents le temps que la situation se calme. Des personnes qui vivent depuis 20 ans au Liban auraient pu rentrer en France alors que d’autres qui n’ont qu’une carte de séjour, mais qui ont surtout un travail et une famille restent dans un pays qu’ils visitent qu’une fois par an pour voir des parents. Plus complexe encore, des parents français se présentaient au départ mais dont les enfants sont américains de naissance et n’ont aucun papiers français. Sans compter les étudiants et autres thésards qui s’inquiétaient de ne pouvoir revenir en France… Des solutions ont été trouvées, des tolérances accordées mais aussi des abus commis… Cet épisode explique pourquoi les libanais et d’autres peuples font de la course à la double nationalité, le sport national… leur frontière d’origine sont parfois trop fragiles ou au contraires emprisonnent… alors le départ semble la seule issue. Dans ce cas présent, l’évacuation était la promesse d’atteindre une terre de paix, de rejoindre des proches, de construire un nouvel horizon. On effleure, bien que le contexte soit très différent, la question de l’immigration. On pouvait entendre, lors des enregistrements, « moi qui suis français de souche, je suis encore entrain d’atteindre qu’on m’appelle pour rentrer en France . Je suis touriste ici alors que des milliers de libanais (sous entendu des double nationalités franco-libanais) ont déjà été évacués par la France » ou encore « je peux vous dire il n’y a que les français français, qui peuvent dépenser autant pour ramener des citoyens sur Paris.  » Même des libanais qui ont la nationalité françaises, font une distinction entre ceux qui LE sont et ceux qui le sont... à moitié. Reste à définir un individu français, une définition qui passe par des preuves.

L’adoption de la résolution 1701 le 11 août 2006 suggère le glas d’une guerre violente, terrible (comme toute guerre) et particulièrement « minable »… tant la situation semble à court terme si peu changée entre l’avant et l’après de ce funeste mois. Dans le jeu d’Echec on appellerai ça un « pat ». Cependant, Israël est loin de sortir indemne d’une hostilité que Tsahal pensait pouvoir « maîtriser » pour arriver à une victoire totale sur le Hezbollah, soit sa disparition en tant qu’entité armée…

Est ce que la population libanaise va de nouveau retourner vers ses traditionnelles divisions après un vague élan d’identité commune contre un ennemi ? L’histoire nous répondrait que oui (après l’attentat perpétré contre Rafic Hariri par exemple). Est ce que l’Etat libanais va pleinement se faire respecter et avoir les moyens d’appliquer ses prérogatives en maintenant une réelle stabilité dans le Sud du Liban et en relançant l’économie du pays ? ou sera t il au crochet des Puissances étrangères et internationales d’une part et de capitaux privés qu’il ne pourra à peine cadrer d’autre part ? La fin des violences au Liban ne doit pas détourner l’attention de cette région, certes, demeure la question de nucléaire en Iran, la construction de l’Iraq… mais aussi la reconnaissance pour le peuple palestinien de jouir de la sûreté et du développement dans un Etat de droit.


Je reste à Chypre jusqu’à la fin du mois d’août, inch’Alla.

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Mercredi 9 août 2006
 

8 août 2006


Chypre, île jamais envisagée en terme de destination de voyage, à peine étudiée dans un devoir remis à un professeur buté sur les questions de frontières et de la relativité de la notion de territoire, confins éloigné d’une Union européenne avec qui elle ne partage ni les accords Schengen ni l’euro devient mon hôtesse de quelques semaines.


Esprit enfin libre et bras ballants à l’aéroport de Larnaka, je proposais donc mes services pour continuer à aider à la poursuite de l’évacuation. Cette proposition se solde en un stage qui dure jusqu’à la fin du mois d’août à l’Ambassade de France à Nicosie. L’aventure continue.

Ici à Nicosie est l’atmosphère est toute autre par rapport à Beyrouth, mais l’épuisement et les questions sur la durée de cette opération sont bien là, partagées des deux côtés de la mer.


Jeudi 3 août


L’équipe qui s’occupe de l’accueil des évacués à Larnaka pour les accompagner jusqu l’aéroport sont composés, d’agents du Ministère des Affaires étrangères venus de Paris attachés à la direction de la gestion de crise, des militaires (légion étrangère, géni, pompiers de Paris…), le SAMU, la croix rouge, des volontaires locaux…

A huit heures toues les troupes sont sur le port,… chacun est à son poste. Sur le quai, la presse, des soldats, une escorte d’officiers entourant M. l’Ambassadeur. L’ombre des grues et des hangars se rétractent à mesure que le soleil se lèvre, les premières sueurs perlent sur les fronts. Au loin, un chaland. Il est vide. A peine arrivé à quoi plusieurs individus s'extraient au peuple qui attend debout, ils s’avancent et montent dessus. Le chaland, à l’allures de chaloupe du débarquement du 6 juin repart, sort rapidement du port, derrière nous les plages bordées de béton de Larnaka, devant nous le Mistral, dernier né de la défense navale. Nous approchons de l’arrière du bâtiment qui nous défi avec ses parois qui s’élèvent sur des dizaines de mètres de haut. L’arrière s’est ouvert laissant pénétré de l’eau, ce qui permet au chaland d’entrer directement dans le navire. Les portes arrières peuvent se fermer et l’eau être totalement évacuées… A l’intérieur de chaque côté de ce qui suggère une piscine intérieure des familles nous regardent, nous font des sourires, font des signes de la main… le chaland accoste une cinquantaine de personnes y montent calmement bien qu’une forme de liesse s’installe, des enfants sont portés par les soldats, par le consul, l’ambassadeur, les gens nous remercient, nous félicitent pour l’organisation… Je reconnais des personnes que j’avais enregistré à Beyrouth, pas tous alors ils me rappellent une phrase que j’ai dite et qui semble les avoir marqués… Quelques courriels s’échangent…

De retour au port, les évacués montent dans des bus qui les amènent à la capitainerie où leur passeport sont vérifiés une première fois, ils attendent dans une salle où leur est proposé de quoi se restaurer… bien que certains se plaignent de la durée de la traversée, beaucoup sont ravis de l’accueil des militaires sur les bateaux. Enfin ils montent sur des bateaux pour être conduits dans des salles de sport où ils doivent attendre avant d’être conduits à l’aéroport. Certains se jettent sur les matelas pour s’endormir, des enfant vont dehors jouer, beaucoup mangent les goûters qui leurs sont distribués. Enfin, l’heure de leur embarquement approche, on invite les personnes concernées par tel vol de monter sur les bus qui les conduira à l’aéroport, les autres attendront le prochain vol. Une fois devant la méchante barre qui fait office d’aéroport, les bus lâchent le flot d’évacués qui en réalité, suivent bien sagement le parcours qu’on leur indique. Parcours commençant par une salle climatisée où ils peuvent encore déjeuner avant de venir enregistrer leur valise pour ensuite embarquer sur leur avion…ces dernières étapes sont équivalentes à celles de tout touriste qui s’apprête à quitter son pays pour d’autres contrées. Tout au long de cet accompagnement des équipes de la croix rouge ou du SAMU recense les personnes fragiles et qui oint besoin d’une attention particulière. Des soldats s’occupent de porter les valises, de sorte que les évacués qui ont pris des malles de 50 kilos peuvent se promènent tranquillement sans même à avoir à payer le prix de leur égoïsme et matérialisme…Moi qui m’évertuait à répéter « Seulement 10 kilos sera toléré par personne, sinon les militaires risques de vous demander de vider votre valise sur le trottoir » je vois des soldats se attrapés des lumbagos à soulever ces sacs énormes ! Si cette chaîne semble d’une simplicité qui déçoit le mythe que peut laisser planer le terme « d’évacuation », il faut imaginer, toute l’énergie dépensée pour : la coordination des bus, faire en sorte que les plateaux repas soient suffisant et frais, faciliter le déplacement des personnes en fauteuils roulant, porter les bébés sans les réveiller (j’ai eu dans les bras plusieurs bébés qui m’ont arraché un ton débile quand je leur parlais), le contrôle des passeports…. Et bien sûr la gestion de l’imprévisible : retard d’un avion, non départ des bus à l’heure prévue, personnes qui disparaissent on ne sait où…


Des solidarités se créent entre ceux qui participent à l’encadrement de l’évacuation, les énervements sont rares. Par contre l’ironie sauve le pathétisme ressenti face à l’égoïsme et confusion entre un voyage de plaisance et une évacuation…(« Y-aurait il des plateaux repas pour enfants ? », « Pouvez vous ajouter des « miles » à mon compte avec ce voyage AirFrance », « est ce que vous pouvez me mettre sur un autre vol dans quelque jours ? j’aimerais rester ici quelques me reposer »). Mais dans l'ensemble, les évacués remercient la France et l'ensemble de ceux qui ont participent à l'organisation de cette opération.


Je croise aussi beaucoup d’agents du MAE que je côtoyais à Beyrouth et qui rentrent en congés ou parce que leur mission prend. Larnaka est le relais entre Beyrouth et la France mais il semblerait que pour le Liban, cette traversée de ma mer semble être le principal lien avec le monde extérieur… C’est de là que vient le fret humanitaire et les renforts humains. D’ailleurs la France assure un couloir régulier entre l’île et le continent pas les bateaux, par avion et par hélicoptère qu’ont d’ailleurs empruntés plusieurs dignitaires étrangers (ministres suédois, allemands…).

Bref ces agents s’interrogent sur ce que sera la représentation de la France au Liban, l’investissement politique sera certainement toujours aussi fidèle, mais en terme de présence… Par exemple, 3 des 9 centres culturels français que compte le Liban sont détruits. Chez les agents qui en reviennent, mis à part le premier point commun d’avoir de grosses poches sous les yeux tous ressentent l’impression d’abandonner. Abandonner un travail, un personnel, des dossiers, une mission, des amis, un pays…


Lors d’une conversation, un ami m’a résumé en un phrase des sentiments je n’arrivais pas à traduire en mots…. « ce n’est pas qu’un stage , c’est un tranche de vie ».

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Vendredi 4 août 2006

Dans le papier "Larnaca", j'avais avancé le nombre de 70 morts suite à l'attaque de Qana. Les victimes seraient bien moindre, de l'ordre de la trentaine. Je tiens à m'excuser de cette fausse information.

 

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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