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Samedi 22 juillet 2006

Des questions sont posées, tachons d'y répondre....

 

Je vais te décevoir Fabien... si l'Europe apparaît comme un bloc, c'est uniquement pour le visa Schengen et dans l'imaginaire collectif le continent est assimilé à une terre de prospérité et de richesse, pour tous... L'attention est particulièrement portée sur l'Europe des 15. Certes la construction est connue mais, les liban ais s'intéressent bien plus aux composantes qu'à l'Union.... Il faut dire que l'Union européenne ne brille par sa politique internationale, notamment dans cette situation. Les déplacements et les visites des hautes représentants nationaux et communautaires n'y font rien, au contraire ce balai de mondanité accuse une grave faiblesse face à l'impossibilité de véritablement peser ou du moins de poser une ligne politique forte et partagée.... ce qui amène à cette question qui devient refrain "Que fait la communauté internationale ?".

 

Les liban ais quittent le Liban en grand nombre, bénéficiant pour nombre d'entre eux d'une double nationalité. Mise à part la question de la reconstruction se pose celle de l’attachement au pays. Une personne faisait remarquer que cette réaction immédiate de fuite n’était pas étrangère et qu’elle ne devait pas être interprétée comme une lâcheté… Le peuple a connu de nombreuses guerres, il est extrêmement divisé (par confessions, montagnes/ villes, Beyrouth /reste du pays, clan familial…). De sorte qu’il est très difficile pour un liban ais de se reconnaître dans un Etat (en terme d’administration générale, en terme de gouvernement représentant l’ensemble, et d’espace partagé par un peuple)… Aussi les liban ais connaissent la migration, elle est associée à la liberté, à la survie et de reconstruction individuelle et familiale après le vécu de la destruction et non pas à cause d’une situation d’impasse (fuir une situation de pauvreté par exemple).

 

Alors que je rentrai hier soir chez moi, je me suis arrêté à une boulangerie. Au moment de payer ces larges pains plats encore chauds, le jeune homme me demande pourquoi j’étais encore ici. La réflexion n’est pas la première, beaucoup de ceux qui nous recevons nous demande quand est ce que ceux qui sont à l’Ambassade vont partir. Cette présence les rassure.

 

L’alimentation ne manque pas, le lait peut être (surtout depuis que l’usine Candia a été bombardée) et le citron… Mas les prix augmentent et les étalages des épiciers se font plus vide…. La première s*raison s’explique par la panique des consommateurs, la seconde est plus décevante. Les épiciers garderaient les aliments dans leur réserve pour les faire apparaître par parcimonie de sorte, la loi du marché poursuivant son travail, ici fictif, les prix augmentent puisque les produits sont à priori…rares.

 

 

 

Par o' - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Vendredi 21 juillet 2006

Alors que je déambuler dans les couloirs de l'Ambassade, je me vois arrêter dasn mon élan... je lève les yeux et timbe nez à nez avec Monsieur le Ministre des Affaires étrangères et Monsieur l'Ambassadeur, délicieuses rencontres qui se résument en un saut en arrière pour laisser passer le "convoi" (il faut imaginer les conseillers, les journalistes, les gardes du corps...). 

Le troisième bateau est parti, les embarquements se font plus rapidement, cependant de plus en plus de personnes se présentent à l'entrée des bus qui mènent au bateau pour essayer de monter alors qu'ils n'ont pas été contacté... L'attente se fait de plus en plus pénible.

Les libanais qui restent dans leur pays par choix ou n'ayant pas les moyens de partir, partagent la crainte qu'Israël se déchaine après le départ de tous les ressortissants étrangers. Je sens venir la douleur de devoir quitter mes amis libanais, à cette douleur s'ajoute l'inquiétude.

L'important départ des libanais est interprêté comme une honteuse fuite "qui restera pour reconstruire le pays", "ils disent aimer leur pays... quand on aime c'est pour le meilleur et pour le pire". 

D'autres disent être revenus il n'y a un an, trois ans... criyant enfin que le pays serait épargné, qu'ils pouvaient construire leur avenir et celui de leurs enfants mais que cette troisième guerre en moins de 30 ans les décourage "Le Liban, c'est fini... je ne reviendrais plus jamais".

La guerre est aussi une époque de contraste... je parlais hier de ses vestiges d'un autre temps (publicités, resto Mc Do flambant neuf) symbole du vécu "normal" avec ses rêves à achetés, ses désirs appréciés à consommer... mais il y aussi le contraste du présent... Celui de l'espace comme le calme qui règne dasn les quartiers de Beyrouth et les régions du Sud Liban et dans certaines villes d'Israel  qui subissent des assauts continus... C'est le contraste du vécu entre les témoignages de ceux qui deviennet réfugiés et ceux qui vont dans les bars et les dicothèques bondées des villes dans la région Nord de Beyrouth... Le contraste des moyens bien sûr entre ceux qui s'entassent à 20 dans l'appartement d'un cousin vague et ceux qui vont dans des hotels de luxe.  Bref, je ne vous apprends rien.

Par o' - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Jeudi 20 juillet 2006

19-20 juillet

 

 

Un deuxième bateau est parti, emportant avec lui son nombre de « soulagés » (bien que beaucoup ont des parents, amis et amours au Liban)… mais tant d’autres restent. Les premières angoisses portaient sur ce début de guerre, la violence des bruits de tirs des bateaux israéliens ou des bombardements… Mais l’annonce rapide du rapatriement soulageait. Désormais, le temps passe et dure trop longtemps pour ces gens qui attendent cloîtrés chez eux qu’on les appelle pour les avertir de leur départ. Alors ils reviennent à l’Ambassade demandent et redemandent à ce qu’on les inscrive, à ce qu’on réponde à leurs informations « Donnez une date, un délai ! » Mais la réponse se répète, seul le ton change, souvent compatissant, mais parfois ferme « Nous vous prions d’attendre ». Nous les comprenons mais leur insistance nous amène à hausser le ton. L’énervement est partagé et nous même, de temps en temps craquons… Le temps d’un instant, car déjà une nouvelle famille se présente, avec une autre histoire, d’autres douleurs, d’autres identités mais une même attente : partir… fuir.

 

 

Avec l’arrivée des familles qui quittent des villages rasés, des maisons effondrées ou des zones avoisinant des infrastructures susceptibles d’attirer les foudres de… ne nous voilons pas la face…de l’armée israélienne. Ils nous racontent des voyages terribles, devant faire de grands détours, puisque les grands axes routiers sont soit menacés soit coupés, passant devant des paysages ravagés…

 

 

Le contraste n’apparaît alors que plus grand avec ce qu’offre le centre de Beyrouth, dont je ne peux pas me faire un fidèle témoin puisque je ne me contente plus que d’aller de mon appartement à l’Ambassade tôt le matin et d’en rentrer tard le soir… Comme la plupart de ceux qui y travaillent ou qui contribuent à l’évacuation et la continuité des services de l’Ambassade.

 

On ne sait plus très bien s’il faut sourire ou s’irriter des affiches publicitaires sur lesquelles s’étale des lolitas vous invitant à partir en voyage, ces flyers jetés par terre de discothèque annonçant la venue des plus fameux Dj du monde… On passe devant des magasins de voitures de luxe, dont les voitures ont été retiré des vitrines, puis c’est un restaurent Mc Donald’s fermé presque abandonné, retranché derrière ses hautes grilles, dont  les espaces de jeux pour enfants semblent ridiculement silencieux par le silence qui y règne et la statue du clown Ronald, pathétique avec son sourire d’accueil adressé à personne

 

 

A force de rester à nos postes, nous ne suivons plus l’actualité, peut être brièvement sur la radio ou en lisant les courriels de nos amis. Nous échangeons des brins d’information dans les couloirs, le temps d’un bref café ou d’une clope… Nous assistons par voix interposées à l’enlisement du pays.

 

On apprend ainsi que dès le premier soir de ce qui n’était à l’époque que « des évènements » (le 12 ou 13 juillet) des cadres de Total étaient rapatriés… C’est le lendemain matin que l’on comprendra le basculement de la situation en entendant les assauts qu’a subit l’aéroport….

 

Il y aussi ces tirs qu’effectuent Tsahal à peu de distance des convois organisés par la France, notamment, emmenant des civils des villes du Sud très touchées jusqu’à Beyrouth…

 

 

 

Désormais, à l’accueil, nous avons eu des renforts :

 

Plus de gardes pour assurer la sécurité (genre videur de boites)

 

Et une psychologue, certes sympathique, mais ses méthodes sont radicales : tous ceux qui s’installent ne serai ce 5 minutes sur un siège en face d’elle… éclate en sanglot…

 

 

A se demander qu’est elle est la méthode douce : la présence de malabar qui ne prononcent pas même un mot mais à qui il suffit de se lever pour calmer les « esprits vif » ou l’élégante psychologue qui transforme tout individu en petite madeleine qu’il faut serre entre les bras ?

 

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Mardi 18 juillet 2006

18 juillet

Le premier bateau parti hier est enfin arrivé. 700 ressortissants français, européens et libanais par liens familiaux directs.... qui ont du ttendre à l'apéroport avant de s'envoler pour Paris pour la plupart ou d'autres destinations...

Mais, l'afflux ne se réduit guère... La tension semble montait dans la populkation, en plus de ceux qui viennent s'inscrire ou demander à se faire loger, viennent les impatients... Souvent ennervés ils multiplient des questions auwxquelles nous  ne pouvons pas répondre et cherchent par tous les moyens à vouloir être considérés comme des prioritaires, certains demandent à être réinscrits, d'autres prétendent ne jamais l'avoir été... A certaines heures, des tensions montent vite en une agressivité à peine retenue, qui se propage dans les files d'attentes, des femmes alors éclatent en larme, un homme les interpelle pour leur demander de se calmer...  Puis tout se calme. Les gens prennent sur eux.

En remarque, je suis surtout surpris de l'angoisse exprimée par les 18-28 ans, les jeunes hommes surtout... Les jeunes libano-françaises restent formidables avec leurs bijoux envahissants leur avants -bras, les lunnettes de soleil aux formats de casque et les lèvres siliconées....

L'Ambassade perd de son prestige "inquisiteur", la chancellerie (plus précisemment) qui restait un bout du monde cerclé de hauts murs devient pour ses employés et les volontaires, un espace traversé par de petites mains qui s'affairent à de menues taches reliées, tricotées, conduites, anticipées, ou même imaginées mais qui abouti tout de même à recenser 5000 français (et la liste s'allonge continuellment), à classer, faire venir un bateau, l'encadrer, dialoguer avec des forces politiques, faire monter ces évacués les envoyér à Chypre avant de les conduire à Paris... Bien sur c'est un réseau soutenu qui dépasse ces murs traversent les mers... qui aboutit à une telle entreprise.

Bref cette ambassade devient scouater, on y mange, y dort, y fume (dans toutes les pièces)... Des liens se créent... Des mots d'esprit sont lancés, des larmes sont réconfortées, les vous tombent et font place au tu solidaire. Il est currieux de voire ses bureaux traditionnellement si silencieux et glacés emplit d'un bruit constant... Mais hors de ces murs, l'ambiance est toute autre... A l'accueil, les employés se font plus calmes, presque non chalents malgré cette inquiétude qui s'accroit chez ceux qui s'y presentent. Les habitudes se prennent, l'espace est approprié... il rassure.

Sorti de ce vase clos, les rues sont bien moins fréquentées, la plus part des boutiques gardent leurs rideaux fermés...Ca et là des bouis-bouis où l'on peut manger des sand-wiches sans préttentions restent ouverts... Déjà les prix grimpent et des aliments se font un peu plus rares (les fruits!!)... Mais n'exagérons rien, le centre de Beyrouth reste particulièrement privilégiée... épargnée des bombardements, des coupures d'electricité et d'eau et du nécessaire pour se nourir....

Annecdote:

Je me réveille, j'ouvre les yeux, il est 6h50... Je me réjouis d'avoir fait une nuit entière sans entendre de bombardement, boum ! Je n'avais pas posé le pied par terre, que j'entendais une explosion (relativement loin cependant).

 

 

 

 

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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Mardi 18 juillet 2006

18 juillet

Le premier bateau parti hier est enfin arrivé. 700 ressortissants français, européens et libanais par liens familiaux directs.... qui ont du ttendre à l'apéroport avant de s'envoler pour Paris pour la plupart ou d'autres destinations...

Mais, l'afflux ne se réduit guère... La tension semble montait dans la populkation, en plus de ceux qui viennent s'inscrire ou demander à se faire loger, viennent les impatients... Souvent ennervés ils multiplient des questions auwxquelles nous  ne pouvons pas répondre et cherchent par tous les moyens à vouloir être considérés comme des prioritaires, certains demandent à être réinscrits, d'autres prétendent ne jamais l'avoir été... A certaines heures, des tensions montent vite en une agressivité à peine retenue, qui se propage dans les files d'attentes, des femmes alors éclatent en larme, un homme les interpelle pour leur demander de se calmer...  Puis tout se calme. Les gens prennent sur eux.

En remarque, je suis surtout surpris de l'angoisse exprimée par les 18-28 ans, les jeunes hommes surtout... Les jeunes libano-françaises restent formidables avec leurs bijoux envahissants leur avants -bras, les lunnettes de soleil aux formats de casque et les lèvres siliconées....

L'Ambassade perd de son prestige "inquisiteur", la chancellerie (plus précisemment) qui restait un bout du monde cerclé de hauts murs devient pour ses employés et les volontaires, un espace traversé par de petites mains qui s'affairent à de menues taches reliées, tricotées, conduites, anticipées, ou même imaginées mais qui abouti tout de même à recenser 5000 français (et la liste s'allonge continuellment), à classer, faire venir un bateau, l'encadrer, dialoguer avec des forces politiques, faire monter ces évacués les envoyér à Chypre avant de les conduire à Paris... Bien sur c'est un réseau soutenu qui dépasse ces murs traversent les mers... qui aboutit à une telle entreprise.

Bref cette ambassade devient scouater, on y mange, y dort, y fume (dans toutes les pièces)... Des liens se créent... Des mots d'esprit sont lancés, des larmes sont réconfortées, les vous tombent et font place au tu solidaire. Il est currieux de voire ses bureaux traditionnellement si silencieux et glacés emplit d'un bruit constant... Mais hors de ces murs, l'ambiance est toute autre... A l'accueil, les employés se font plus calmes, presque non chalents malgré cette inquiétude qui s'accroit chez ceux qui s'y presentent. Les habitudes se prennent, l'espace est approprié... il rassure.

Sorti de ce vase clos, les rues sont bien moins fréquentées, la plus part des boutiques gardent leurs rideaux fermés...Ca et là des bouis-bouis où l'on peut manger des sand-wiches sans préttentions restent ouverts... Déjà les prix grimpent et des aliments se font un peu plus rares (les fruits!!)... Mais n'exagérons rien, le centre de Beyrouth reste particulièrement privilégiée... épargnée des bombardements, des coupures d'electricité et d'eau et du nécessaire pour se nourir....

Annecdote:

Je me réveille, j'ouvre les yeux, il est 6h50... Je me réjouis d'avoir fait une nuit entière sans entendre de bombardement, boum ! Je n'avais pas posé le pied par terre, que j'entendais une explosion (relativement loin cependant).

 

 

 

 

Par mok - Publié dans : quelquesmotsduliban
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